Ce blog est un hommage à Agnès qui m'a donné le virus de l'Egypte...

 

CABROL

 

Agnès Cabrol est née le 12 juillet 1964 à Avignon. En 1984, elle entre à l’Ecole du Louvre, jusqu’à la 4ème année de muséologie, puis s’inscrit en Mémoire, sous la direction du Professeur Claude Traunecker. A l’Université Paris IV, elle présente sa maîtrise en 1991 (dirigée par Nicolas Grimal) : "Les dromos de la région thébaine au Nouvel Empire égyptien".

Ralliant l’Université de Lille 3, elle obtient son DEA, l’année suivante, sous la direction de Dominique Valbelle ("Les cheminements processionnels et la Ville").

Dans le même temps, elle est en charge de Travaux Pratiques à l’école du Louvre (1990 à 1993). A partir de 1992, elle donne des cours jusqu’en 1997 à l’Institut Khéops (Paris)
Allocataire de Recherche pour sa thèse de 3ème cycle et Moniteur à Lille 3, de 1992 à 1995, elle soutient, en novembre 1995, sa thèse de doctorat, sous la direction du professeur Dominique Valbelle : "Les voies processionnelles de Thèbes", laquelle sera publiée chez Peeters, Louvain 2000, dans la collection Orientalia Lovaniensia Analecta, 97).

Constatant que les sphinx généralement attribués à Ramsès II datent d’Amenhotep III, elle s’intéresse au règne de ce souverain pour s’apercevoir que ce qui se dit sur ce règne dans les ouvrages d'histoire n’est pas conforté par les textes anciens.
Attachée temporaire d’enseignement et de recherche  de 1995 à 1997, elle va ensuite assurer quelques cours à Strasbourg, en 1998, tandis qu’elle corrige, en février, avec Claude Traunecker, les dessins des parements externes de la chapelle reposoir de barque en granit (sanctuaire de Philippe Arrhidée).
En marge de l’exposition de 1993 au Grand Palais, Aménophis III, le Pharaon-Soleil, elle donne dix cours dans lesquels, à partir des documents égyptiens, elle va prendre par moment le contre-pied de l’image généralement véhiculée.
La directrice d’une collection égyptologique, qui a assisté à ces cours, lui propose alors d’écrire un livre sur le sujet. Elle se lance alors dans la rédaction de son Amenhotep III, où elle dépoussière l’image du souverain pour lui rendre son statut de grand roi.


Paru en 2000, cet ouvrage connaît un franc succès (dont une traduction en arabe) car il est rédigé à la fois pour l’égyptologue, du fait de ses nombreuses notes et de sa bibliographie, et devient une référence pour un public d’égyptophiles.

"Je souhaite que ceux qui lisent mon livre aient de l'esprit critique", se plaisait-elle à dire. "J'ai essayé de le rendre lisible pour tous: il y a plusieurs niveaux de lecture, et les notes sont beaucoup plus chargées que le corps du texte."

L’année suivante, elle fonde, avec l’aide de trois passionnés, l’association Papyrus à Lille, qu’elle allait présider jusqu’en 2005.

Jusqu’en 2002, elle occupe un poste d’enseignante temporaire à 50% auprès de la chaire d’égyptologie de l’Université Charles-de-Gaulle- Lille 3, avant de devenir, l’année suivante, Maître de Conférences.

Elle espérait fournir un livre sur le temple de Louqsor, toujours à la même maison d’édition, mais les circonstances l’en ont empêchée. Elle décède en 2007 à Gordes.

Membre associée au CFEETK et au CNRS, elle avait participé à plusieurs missions archéologiques à Karnak, sur le site de Chenhour ainsi que dans le Sinaï, tandis qu’elle œuvrait également à l’Institut de Papyrologie et d’Egyptologie de Lille. 

L’Egypte à travers le temps

Agnès Cabrol aimait l’Egypte. Pas seulement l’ancienne, mais également la médiévale et l’actuelle, s’inscrivant ainsi dans ce courant de pensée des égyptologues qui souhaiteraient que les retombées de la science pour le Double Pays ne soient pas que touristiques. Lorsque j'ai connu Agnès, elle étudiait la TT2 (la tombe de Khabekhenet, fils de Sennedjem) et son départ prématuré ne lui a pas permis de publier l'ensemble de ses travaux.

Agnès est partie, trop tôt, laissant ses parents et tous ceux qui l’aimaient dans la peine. Ses cendres ont rejoint la montagne thébaine où elle se sentait chez elle, un beau matin de printemps, tels de petits papillons blancs…


Publications

Articles  

  • Remarques au sujet d'une scène de la tombe de Neferhotep (TT 49): Les fonctions de Neferhotep, la représentation des abords Ouest de Karnak et son contexte. Cahier de Recherches de l'Institut de Papyrologie et d'Égyptologie de  Lille, Paris 15 (1993)
  • Un socle de statue au nom de Séthi II, Cahier de Recherches de l'Institut de Papyrologie et d'Égyptologie de Lille, Paris 15 (1993).
  • Les criosphinx de Karnak : un nouveau dromos d'Amenhotep III, Karnak X, 1995, p. 1-32.
  • De  l'importance du contexte pour l'interprétation : enquête préliminaire sur certains ensembles d'empreintes de sceaux datant de la fin de la XVIIIe dynastie, Cahier de recherches de l'Institut de papyrologie et d'égyptologie de Lille, 2001, vol. 22, pp. 33-45
  • Croire au village, Les Dossiers d'archéologie, éd. FATON - 2002, no272, pp. 48-57


Livres

  • Les voies processionnelles de Thèbes / Peeters, 2000. (OLA, 97).
  • Amenhotep III, le Magnifique, Ed. Du Rocher-Champollion - Paris 2000
  • Contributions au Dictionnaire de l’Antiquité (sous la Direction de Jean Leclant)
  • 20 notices, dans le catalogue de l’exposition Deir el-Medineh. Les artistes de      Pharaon, Paris, RMN, 2002